Apple rachète Shazam et révolutionne l’identification musicale sur mobile

Déclaration sèche, chiffre vertigineux, et soudain le paysage musical sur mobile bascule : Apple s’empare de Shazam, l’application qui a appris à des centaines de millions d’oreilles à mettre un nom sur chaque refrain. Plus d’un milliard de téléchargements à travers la planète, une habitude mondiale, et désormais, une filiale de la marque à la pomme.

L’annonce retentit comme une promesse : Shazam deviendra bientôt accessible sans publicité pour tous les utilisateurs d’iOS. Un geste qui, pour beaucoup, sonne déjà comme une avancée concrète. Fini les interruptions au moment où l’on tente d’attraper le titre d’un morceau insaisissable.

Le feu vert européen est arrivé sans attendre. Le 6 septembre, la Commission européenne donne son accord au rachat de Shazam par Apple. Bruxelles estime que ce rapprochement n’ébranle pas la concurrence, ni le fragile équilibre du streaming musical sur le Vieux Continent. Les formalités sont respectées, la voie est tracée, la fusion peut commencer.

Oliver Schusser, chez Apple Music, replace l’histoire dans son contexte : Shazam figurait déjà parmi les premiers acteurs de l’App Store. Entre ces deux-là, la connexion remonte à loin, mais l’entrée dans le giron Apple donne une toute nouvelle dimension à leur alliance.

Le succès de Shazam s’explique simplement : il suffit de tendre son téléphone vers un haut-parleur, dans la rue, à l’arrière d’un taxi ou chez des amis, et la chanson s’affiche à l’écran. Artiste, titre, pochette : tout y est. Chaque jour, plus de vingt millions de requêtes déferlent sur ses serveurs. La reconnaissance musicale est ainsi devenue pour beaucoup un second réflexe, parfois même générationnel.

D’ici peu, tous ceux qui utilisent un iPhone ou un iPad pourront accéder à une version sans publicité. De quoi changer réellement l’expérience : moins d’interruptions, plus de fluidité, surtout pour qui jongle d’une chanson à l’autre en déplacement.

L’enveloppe mise sur la table par Apple s’élève à 400 millions de dollars, soit près de 343 millions d’euros. Le montant atteste du statut singulier de Shazam dans la galaxie des applications mobiles. Rares sont les outils à mêler si bien popularité inexpliquée et efficacité redoutable.

On a tous connu ce moment de gêne qui dure quelques secondes, quand une mélodie surgit dans un bar ou un taxi, sans pouvoir mettre un nom dessus. Shazam a changé la donne : un téléphone dégainé, un bouton pressé, et la réponse apparaît sans délai, parfois avant que le refrain s’estompe.

L’histoire de Shazam commence au Royaume-Uni, en 1999. Elle convainc d’abord les jeunes, puis le réflexe s’installe partout. Aujourd’hui, il n’est plus rare de voir des gens lever leur smartphone vers une enceinte en soirée ou pendant un concert, espérant retrouver un titre perdu dans la mémoire commune. Impossible de nier le rôle du service dans la façon dont nous consommons et retrouvons la musique.

Avec ce rachat, Apple Music, à la seconde place sur le marché européen derrière Spotify, ajoute l’expertise de Shazam à son savoir-faire. Cette nouvelle alliance promet d’inventer d’autres usages et de remettre la marque californienne au centre de l’exploration musicale instantanée.

Le décor a changé. C’est à Apple désormais d’exploiter ce potentiel unique, et l’on se demande déjà si, demain, il sera encore possible de surprendre quelqu’un qui ne dégaine pas son smartphone à la première note inconnue.

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